24 Sep

Une occasion manquée

Le PS du canton de Berne regrette vivement le rejet de la Prévoyance vieillesse 2020. Cette réforme des retraites aurait enfin permis d’augmenter les rentes AVS. Il se pourrait désormais qu’il soit difficile d’élaborer un projet susceptible de réunir une majorité dans un futur proche. Couper dans l’AVS ou relever l’âge de la retraite à 67 ans serait de toute façon hors de question pour le PS du canton de Berne.

Le rejet de la Prévoyance vieillesse 2020 est une occasion manquée, même s’il est vrai que le projet présentait certaines lacunes du point de vue de la gauche : l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans en particulier, alors qu’il n’y a toujours pas d’égalité des salaires hommes-femmes, aura certainement incité les gens à refuser le projet et fait pencher la balance du côté du non. C’est un signal clair donné aux partis bourgeois, lesquels lorgnent d’ailleurs vers un relèvement général de l’âge de la retraite à 67 ans. Si un futur projet devait de nouveau prévoir une augmentation de l’âge de la retraite, il n’obtiendrait pas la majorité du peuple.

Aujourd’hui est un jour noir pour les personnes avec une petite rente ou sans prévoyance professionnelle complémentaire : leur prévoyance vieillesse aurait pu être nettement améliorée. Dans le canton de Berne en particulier, nombreuses sont les personnes qui en auraient eu grand besoin. En cas de nouveau projet, il est important pour elles qu’il n’y ait pas de coupes. Elisabeth Striffeler, présidente du groupe au Grand Conseil, le réaffirme : « Le PS du canton de Berne luttera farouchement contre toute détérioration de la prévoyance vieillesse. »

 

17 Sep

Une nouvelle ère pour le Jura bernois

Ce dimanche 17 septembre 2017 marque la fin d’une histoire et ouvre une ère nouvelle pour notre région. Avec le vote simultané des communes de Belprahon et de Sorvilier dont les citoyennes et citoyens ont refusé le transfert de leur commune respective dans le canton du Jura s’achève le volet politique et institutionnel de la lancinante Question jurassienne.

Le Parti socialiste du Jura bernois (PSJB) se félicite de la volonté des ayants droit au vote des deux communes de maintenir leur destinée dans le canton de Berne. La minorité francophone se trouve renforcée dans son choix du 24 novembre 2013. Et le vote de Moutier n’a pas ébranlé les convictions des partisans du canton de Berne.

Les institutions cantonales bernoises, majoritairement germanophones, se trouvent elles récompensées de l’écoute et de l’attention portée à ses concitoyennes et concitoyens «welsches». A ce titre, le canton de Berne, en acceptant d’entrer dans un processus pacifique de règlement de conflit, a été exemplaire. On ne le dira jamais assez.

Le PSJB se réjouit que ce que l’Histoire retiendra comme la Question jurassienne se termine sur le plan politique. Le traitement de cet épineux épisode de l’histoire de la région a pris de trop nombreuses années à se résoudre. Investissons-nous, nous, gens de gauche, dès à présent pour défendre les acquis sociaux, pour renverser la majorité bourgeoise du Conseil exécutif et du Grand Conseil qui menacent à bien des titres, notamment dans le projet de budget 2018, les plus faibles de notre canton.

De nombreux défis se dressent devant nous, non pas comme des obstacles mais comme des opportunités pour affirmer notre identité, plurielle, pour notre développement économique, touristique, pour notre place dans le monde de la formation romande, pour le pont que nous représentons entre les deux côtés de la frontière linguistique. En disant «Oui» à Berne, Belprahon et Sorvilier ont dit merci au canton de Berne pour le souci que celui-ci nourrit de rester un canton multiculturel et ont marqué du sceau de la confiance l’avenir de notre beau Jura bernois.

11 Jan

Le canton serait particulièrement affecté par la RIE III

Un comité largement représentatif rejette le projet

Le comité bernois « Non à la réforme de l’imposition des entreprises III » a présenté ses arguments contre la réforme lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui. Le canton de Berne serait particulièrement touché par cette réforme. Si la RIE III est acceptée, la population devra en supporter les doubles conséquences : forte réduction des prestations et augmentation des impôts et des taxes qui retomberont sur la classe moyenne.

« Ajoutée aux baisses massives d’impôts pour les entreprises au niveau cantonal, la RIE III a des conséquences particulièrement graves pour le canton. » C’est en ces termes qu’Ursula Marti, députée au Grand Conseil et présidente du PS du canton de Berne, explique l’engagement du comité. « Berne est un canton industriel. Il ne compte qu’une poignée de holdings ou d’autres sociétés à statut particulier que la RIE III prévoit d’imposer plus lourdement pour compenser une partie des pertes de recettes fiscales. En revanche, les entreprises ayant des revenus élevés, comme Swisscom, la Poste, les grands distributeurs ou le secteur horloger, auront beaucoup moins d’impôts à payer. »

« Berne n’est pas Singapour, ni même Zoug. » Natalie Imboden, députée au Grand Conseil et coprésidente des Verts bernois, illustre ainsi la logique erronée des baisses d’impôts ruineuses prévues à la suite de la RIE III : « Berne est un canton étendu qui ne pourra jamais rivaliser avec des paradis fiscaux, comme Zoug ou Singapour, qui n’ont pas à assumer des charges telles que le déneigement dans l’Oberhasli ou le financement des écoles et des infrastructures pour 351 communes. » Selon la coprésidente des Verts bernois, si on ne veut pas assister à un démantèlement dramatique, les entreprises doivent continuer à participer au financement de la collectivité.

Nathan Güntensperger, député PVL au Grand Conseil, prend l’exemple de sa ville, Bienne, pour montrer l’ampleur des répercussions de la RIE III sur les communes : « Pour Bienne, la RIE III aura des conséquences désastreuses. La ville présente déjà un déficit d’environ 30 millions de francs par année. Avec près de 15 millions de francs de pertes fiscales supplémentaires, elle risque de ne plus pouvoir s’en sortir. Les compensations proposées jusqu’à présent par le canton ne suffiront de loin pas pour équilibrer ces pertes. »

La RIE III aura un impact négatif sur toutes les communes du canton, en particulier sur celles qui dépendent fortement de grandes entreprises, comme Ittigen ou Péry. Mais les autres en sentiront aussi les effets, explique Urs Stauffer, administrateur des impôts de Bienne : « Les recettes fiscales manquantes seront autant de moyens en moins pour la répartition des prestations selon la péréquation financière directe. Moins d’argent dans le pot commun signifie moins de contributions allouées aux communes dotées de faibles capacités financières. Les communes qui hébergent peu ou pas d’entreprises seront priées de passer à la caisse et devront fournir des prestations supplémentaires en faveur des communes subissant des pertes de recettes fiscales. »

« La possibilité de déduire des intérêts fictifs est un motif supplémentaire pour refuser ce projet. Si nous commençons à déduire des dépenses qui n’ont jamais eu lieu pour déterminer le bénéfice imposable, nous nous apparentons à une république bananière avec une conception du droit pour le moins singulière », déclare Markus Wenger, entrepreneur et député PEV au Grand Conseil. Le rejet de la RIE III, projet déséquilibré s’il en est, constituerait un bon départ pour élaborer un projet plus équitable.

Argumentaire